Juan a tout juste 10 ans lorsque son père lui offre sa première guitare. Sa virtuosité est vite repérée par les professionnels et il ne tardera pas à collectionner les prix internationaux.
Juan Carmona éprouve vite le besoin de rejoindre la terre de ses ancêtres pour renouer avec ses racines et s'abreuver à la source, Jerez de la Frontera en Andalousie, avec une ambition folle : faire reconnaître l'originalité de son art dans cette ville considérée comme le berceau du flamenco. Pari gagné. Il côtoie et accompagne pendant plus de huit ans les plus grands noms du flamenco, s'imprégnant de leur savoir : les chanteurs Agujetas, Duquende, Terremoto Hijo, Capuyo de Jerez, Rubichi, Antonio y Manuel Malenas, Jesus Monje (frère de Camaron de la Isla) , José Mendez … ; les danseurs Joaquin Grilo, Maria del Mar Moreno, Ana Parilla, Angelita y Joselito Vargas, Joselito Fernandez et enregistre avec Chano Dominguez, Rubem Dantas, Manolito Soler, Tino di Geraldo, …
Il remporte le grand prix du concours international de Jerez de la Frontera en 1988 ; est finaliste des concours de guitare de la Union et de Cordoba ; reçoit en 1989 le diplôme de la fondation flamenca de Jerez décerné par le guitariste Manolo Sanlucar ; remporte en 1990 le prix de la Villa Médicis Hors Les Murs et le trophée Don Antonio Chacon décerné par sa peña flamenca ; devient titulaire du prix Lavoisier en 1992 et enfin, consécration ultime : il gagne le premier prix du concours de Madrid de Paco de Lucia en 1994.
A son long palmarès de concerts, récompenses et collaborations artistiques, il faut ajouter une particularité unique : un triomphe définitif en Espagne et surtout en Andalousie, pour ce gitan d'origine française. Tout un bouleversement pour le monde du flamenco en Andalousie.
De son séjour en Espagne naîtra son disque « Borboreo » (choc du Monde de la Musique en 1996) en hommage à la ville de Jerez, sous la direction musicale de Isidro Muñoz , artiste d'exception, et « Entre dos barrios » avec le chanteur José Mendez et le guitariste Moraito Chico . A son retour en France en 1996, Juan Carmona ne cesse d'enchaîner collaborations discographiques et concerts. Après avoir travaillé avec de nombreux artistes de cultures musicales différentes : Mino Cinelu , Birili Lagren, Larry Corriel, Babik Rheinhart, Philip Catherin, Christian Escoudé, Raphael Fays pour ne citer qu'eux dans le milieu jazz ; Subramanian pour les musiques indiennes, la chanteuse Matlubeth (Ouzbekistan)… et participé à de nombreuses musiques de film ( La belle Histoire , Cuisines et Dépendances , Sables Mouvants ), Juan Carmona crée sa propre formation : le Juan Carmona Grupo . Depuis, il sillonne les scènes françaises et étrangères embrassants une véritable carrière internationale : USA, Allemagne, Italie, Angleterre, Maroc, Russie, Hollande, Hongrie… se produisant dans les grands festivals comme le Festival Jazz à Vienne (2007) ou le Montreal Jazz Festival (2007). Une émission lui est consacrée sur Arte en octobre 1998, présentée par le maître Lord Yehudi Menuhin pour qui Juan Carmona est un guitariste d'exception.
Le disque « Caminos Nuevos » paraîtra en 2000 suivi de « Orillas » en 2002, nominé aux Latin Grammy Awards (2003) pour le Meilleur album flamenco et salué par la critique.
Sa nouvelle oeuvre « Sinfonia Flamenca » , également nominé aux Latin Grammy awards 2006 , est aujourd'hui interprétée par les orchestres du monde entier : le Russian Philarmony, l'Orchestre National de Lyon, l'Orchestre de Tunis, l'Orchestre philharmonique de Brandenburg, le Danubian Symphony Orchestra, l'Orchestre de l'Opéra de Marseille…
Juan Carmona fait indéniablement parti des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca. Cet artiste surprend et dérange. Quelque part entre la connaissance profonde des genres et des styles traditionnels et une ravageuse modernité, Juan Carmona est un novateur, un des maillons les plus vaillants de ce début de siècle.